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Un poil de plume dans un monde de bruit

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6 décembre 2014

Un vanity de vanités

C'est au moment où on va donner un livre à quelqu'un qu'on sait s'il est indispensable ou pas.

Un Vanity de vanités, ça se lit comme ça. Et puis ça s'offre. Et quand ça s'offre, ça manque. Alors on le rachète. Pour le redonner encore. Et on recommence.

(Ô et puis ça c'est un signe, je l'ai photographié avec Laurie Gamine avant de le mettre dans le colis, mais la photo n'est pas restée sur le dixe dur ! ça veut dire qu'il faut s'en passer jusqu'à ma prochaine livraison)

Et à chaque prochaine fois, on relit Cathy Garcia. C'est jamais pareil de relire quelqu'un au moment où on lui trouve un destinataire. 

Il y a des poèmes décochés qu'on prend où ça palpite, comme au temps de Cupidon, juste avant qu'il s'en foute.

des poèmes comme ça :

vanity 1 001 - Copie

 

Et puis des poèmes de survie, comme ça :

vanity 2 001 - Copie

 

 

 

Vous n'aurez donc pas l'image. 

Vous saurez seulement que ça se trouve chez Asphodèle, dans la collection Confetti, que ça coûte deux euros, et que c'est pas bien cher pour un livre de sauvetage. 

Cathy Garcia est délictueuse. Nouveaux délits, c'est à cause d'elle aussi. Vous pouvez toujours vous déclarer complices.

ah ! ps : j'ai retrouvé une photo des confettis ! voili :

confettis

 

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5 décembre 2014

Écrit(s) du Nord

Il faut demander au Père Noël qui se promène dans le ciel d'acheter un abonnement à Écrit(s) du Nord.

 

Parce que si un matin, tu ouvres ta boîte aux lettres, et que dans la forêt quadrichromie, il y a une enveloppe à bulles, et qu'il y a dedans Écrit(s) du Nord, tu risques d'être content.

edn23site

dans cet Écrit(s) du Nord là, de novembre 2013, il y a, notamment :

 

Lignes de vie

Papier d'identité

Sans miroir je n'ai pas de visage

Juste un trou avec le monde dedans.

 

Ma date de naissance est à moitié morte

Comme les gauchistes et le LSD.

 

Mon prénom est bien la fille de ma mère,

Ange gardien ou chaperon.

 

Je suis moins dans mes coudes que dans mes mains,

                            Dans mes oreilles que dans mes yeux.

 

Je crois en ce temps des limbes

Où j'ai tiré mon sexe à la courte paille.

 

Mon nom est un souvenir d'enfance.

 

J'ai des points communs

Avec le chat du voisin.

 

Je me récite par coeur.

 

Souvent je me confonds

Avec le premier venu.

 

Marie-Anne Bruch

Tu retrouveras Marie-Anne Bruch ici aussi, et dans le livret Polder N°163 (Gros Textes et Revue Décharge)***

 Et puis, dans cet Écrit(s) du Nord là, les poètes se sont envoyé des poèmes, et ils se sont écrit des trucs à ce propos : des textes, d'autres poèmes, des évocations, des commentaires. C'est une belle modalité d'invention. Cet Écrit(s) du Nord là, il montre un coin de l'établi, de la cuisine, du métier. Là où ça coud, ça file, ça martèle, ça colle, ça assemble, ça presse, ça pétrit. Là où ça échange aussi. Cet Écrit(s) du Nord là, il rappelle le tout début du geste, quand quelqu'un, un jour, a écrit quelque chose pour quelqu'un.

Voilà pourquoi je vais demander au Père Noël qui se promène dans le ciel de m'acheter (notamment, car j'ai beaucoup d'autres besoins*) un abonnement à Écrit(s) du Nord.

*un frigidaire, un joli scoutaire, un atomivère, et du Dunlopillo, une cuisinière avec un four en verre des tas de couverts et des pelles à gâteaux...**

 

** la complainte du progrès (Boris Vian)

 

***ce qui risque d'allonger la liste au Père Noël qui se promène dans le ciel.

3 décembre 2014

ce n'est pas

La mer à boire

le ciel à toucher

l'enfance à trouver

l'amour à croire

 

Je donnerais bien la lune

à celle qui m'aimerait

et tout l'or du monde

à celle qui m'oublierait

 

L'amour à boire

l'enfance à toucher

le ciel à trouver

la mer à croire

 

Philippe Soupault

Poésies pour mes amis les enfants

 

2 décembre 2014

Quand le Jardin des Tarots s'invite à Port-Neuf

Je vous en pose des questions ?

-        Que faites-vous ?

-        Je surveille la forêt.

-        Pourquoi ?

-        Car je suis le phénix.

-        Qui vous dit que je vous crois ?

-        Regardez-moi.

-        A quoi vous sert votre couronne ?

-        A entendre.

-        Vos ailes ?

-        A voler.

-        Vous ne volez jamais !

-        Si.

-        Quand ?

-        En cas d’urgence.

-        Et votre bec ?

-        A manger.

-        Que mangez-vous ?

-        Des saturniens.

-        Comment s’appelle votre forêt ?

-        La poésie.

-        Comment vous appelez-vous ?

-        Rrrr !

-        Quoi ?

-        Je vous en pose des questions ?

Camille. Atelier d'écriture Junior.

DSC02320

 

La jardin des tarots. Le soleil. Niki de Saint Phalle. 1981

25 novembre 2014

L'homme-plante

L’homme plante pense gai

Il pense vert

Il pense le roi

Il pense la reine

Il fleurit en attendant le printemps

 

Il regarde

Un château et des gens

La rivière

Peut-être une église

Les gens

Peut-être qu’ils font la guerre

Les chevaux sont là

Qu’est-ce qu’ils attendent ?

Personne ne sait.

 

L’homme plante regarde passer

 

Il voit

(...)

L’homme plante regarde passer.

Il pense

Il pense gai

Il pense vert

Il dit

Je vois le monde

Les oiseaux

Je rêve de voyages

De liberté

De paysages

J’irai voir les étoiles

Dans leur lumière

Et dans des endroits non visités

Il pense que ce n’est plus très loin.

Que sur la pierre, s’il y a une main coupée, c’est une main de princesse, et qu’elle est plantée là, et qu’elle va pousser : une princesse plante.

Projet A pas de lézards. Texte en chantier. Alain, Loïc, Danielle

D'après des oeuvres de Giuseppe Arcimboldo et Niki de Saint Phalle

présentation vidéo du projet ici.

 

Arcimboldo_Printemps

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23 novembre 2014

à inscrire au rayon des plus tard, noeud à mon mouchoir : ce livre

HOMME CHERCHE RELIURE

Aujourd’hui,
dans le désert
des places publiques,
chacun n’est qu’un nom
mis au pluriel,
un papier gras
laissé
par terre,

groupons-nous.

Régis Moulu, Poésies-flaques, éditions Rue nantaise

"En une quarantaine de brefs textes, illustrés de photographies en couleur issues de la collection « Portes et fenêtres », Poésie-flaques (...) claque quelques vérités." (présentation sur le site de l'éditeur)

vignette_couv1_Moulu1_septembre2011

22 novembre 2014

Paris...

"J'espère que tu resteras à Paris et même

c'est un conseil reste à Paris

si tu as le choix j'espère que tu échapperas

à la rue mais si tu n'y échappes pas

Paris c'est commode comme on dit

dans les agences pour touristes le lieu

promet de gracieux accommodements

pour pas cher des trous des recoins des fentes

des tunnels des porches des creux d'ombre

pour ce qui est de l'habitant par contre

c'est pas du meilleur le Parisien est du genre

qu'est-ce que vous foutez là ? il est

comment dire ? d'une brutalité molle

une brute qui n'a pas le courage de son

mépris le Français en général il s'essuie 

les pieds avant de rentrer chez lui

beaucoup beaucoup trop dans le genre

je suis mauvais mais j'ai mauvaise conscience

il a une chose de bien quand même

il ne voit que ce qui lui ressemble

moyennant quoi si tu ruses avec les uniformes

avec un peu de chance tu es invisible"

Jean-Pierre Siméon, Le testament de Vanda, éd. Les solitaires intempestifs, 2009 

 

ou ailleurs mais au quai d'un métro...

 

"    attention à la marche en descendant du train

 

La vie n'est pas un long trajet tranquille

au pas des mules, parmi les oliviers

tendres pour l'oeil avec leurs gris verts

et leur tronc râblé de grands marcheurs

La vie n'est pas une pause casse-croûte

sous l'ombre mystique d'un caroubier

quand midi tape et que les ventres,

muezzins plaintifs, lancent l'appel au pain

La vie n'est pas une sieste crapuleuse

à deux, cachés comme un figuier

derrière des murs en ruine bien frais

avec le vent pour drap, le soleil pour chambre

 

La vie est une course en métro

dans des tunnels surchauffés et sans arbres

parmi des étrangers qui encombrent sans exister

et des machines à sodas contre la soif"

Muriel Camac, La mer devrait suffire, Éditions Henry, 2014

 

le testament de vanda 001

La mer devrait suffire 001

19 novembre 2014

Éclairage à perte de vue

Eclairage à perte de vue

Je tiens ce nuage or et mauve au bout d’un jonc

L’ombrelle ou l’oiselle ou la fleur

                                                             La chevelure

Descend des cendres du soleil se décolore

entre mes doigts

(…)

Louis Aragon, éclairage à perte de vue, Feu de joie, 1920

 

Voici ce qu'ont vu Nael, Camille et Swan dans ce texte...

Nael

nael aragon 001

Camille

 

camille aragon 001

 

Swan

swan aragon 001

18 novembre 2014

Ce soir, poètes en herbe

Petit rappel en forme de roulement de tambour :

ce soir, on écrit, on lit, on dit

des poèmes à Port-Neuf.

Ralliement : Maison de quartier, place de l'Île de France à 17h40

Lieu de l'atelier : local dit "le lyonnais", 1 rue de l'Angoumois, La Rochelle.

si tu as de 8 à 18 ans, voire un peu plus, viens.

Laurie gamine

17 novembre 2014

Jean-Pierre Siméon. Fragments de Stabat mater furiosa et Soliloques

J'aime qu'un homme se plaise à mes seins et que sa poitrine soit un bateau qui porte dans la nuit et l'on tue ici. (...)

J'aime qu'on bavarde à la porte du boulanger quand il n'y a d'autres souci que le bleu du ciel étendu sous la théorie des nuages et l'on tue ici. (...)

 

Toi mon frère

est-il possible que tu me ressembles

est-il possible croyable admissible

que tu portes un peu de mon geste dans tes mains quand tu égorges

et que mon visage dans ton visage se penche sur la boue écarlate et le cadavre démembré

à travers toi je serais donc soeur de la chiennerie.

Stabat mater furiosa, la rémission des soleils dans l'hiver.

 

Il y a des gens qui ne tremblent pas

devant la misère

la faim

la plaie

l'abandon

qui se taisent là comme

un ciel sur un charnier

Soliloques, Sans bout

 

Le vin, c'est du sang qui dit le contraire

Soliloques, la deuchvaux

 

La chair des doigts fendue à gratter dans la misère pour chercher ses deux sous de chaleur.

 

Le monde, le pauvre monde avec sa volaille d'humanité qui à elle-même s'ôte les plumes à coups de bec.

Soliloques, Objection

 

Le poète sait cela

depuis le premier jour de la poésie

sait que la langue est nette et lisse

comme une nappe dépliée

que la syntaxe y veille

bourgeoise ménagère

pourvoit à tout

que la langue est un abri

où l'on a chaud aux pieds

le poète sait exactement

où ça ment

il est payé pour.

Soliloques, Le poète et la pauvreté.

 

 

 

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