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Un poil de plume dans un monde de bruit

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16 novembre 2014

La pluie battant le carreau

La pluie battant le carreau

écume mon humeur maussade

il reste tant de lambeaux...

Dehors le gris et le glissant

une ombre de souffle avance doucement

l'averse continue...

L'eau coule sur mon visage

elle y creuse ses sillons

y installe son lit

elle ruisselle et je rigole.

Un oued neuf

là où

la main de l'homme avait baissé les bras.

Mon oeil se dilue

c'est un morceau de sucre 

il fond dans le ruisseau.

Liquide, mon regard dévale, il court 

le long du caniveau

ramasse les morceaux

implore une main d'enfant

d'y déposer peut-être

un tout petit bateau.

 

Guénolée Carrel et Angélique Condominas

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3 novembre 2014

On voit

On voit les écoliers courir à grands cris

dans l'herbe épaisse du préau.

 

Les hauts arbres tranquilles

et la lumière de dix heures en septembre

comme une fraîche cascade

les abritent encore de l'énorme enclume

qui étincelle d'étoiles par-delà.

 

Philippe Jaccottet

Extrait de Pensées sous les nuages. On voit

 

 

 

 

1 novembre 2014

Un poil de plume dans un samedi

Depuis mon dernier rendez-vous avec eux, j'ai reçu des nouvelles du monde.

revues po

On va les partager. 

Il en ressortira sans doute quelque chose...

Dans l'attente, merci à Pascal Pratz, Patrice Maltaverne, Cathy Garcia, Héronimüs Parminos, Yves Artufel...

1 novembre 2014

La nuit prochaine

la nuit

dessin LeHound Da Kunst

 

 Un jour, il n’y aura plus rien d’autre que la nuit.

 

Ou

 

En attendant le petit matin

S’éveillent au bord des jardins

Mes rameaux coupés qui germoient

Pendant que ma tête flamboie

 

Ou

 

Je m’entraîne à pleuvoir des étincelles pour rallumer les chandelles mais il n’y a plus personne où donner de la tête. Mes mains en bras de chemise attendent l’usine.

Les tâches sont parties au guichet de la CAF. Même les répétitives.

Je brûle d’un exercice qui me rendrait utile.

 

Ou

 

Plus rien qui luit

Plus rien qui vaille

Plus d’arbruisselle à prendre par la taille

Tombe la flamme

Coince la bulle

Pince la nuit les libellules

Plus rien ne brûle

 

Mon houppier comme houppelande

Plus rien ne bande.

 

Ou

 

Un jour, il y aura autre chose que la nuit[1].



[1] (pas vrai Boris ?)

 

31 octobre 2014

Poucette

loïclandscape2

dessin Lehoundd Da Kunst

Maman-maison tu m’as perdue dans la forêt du bruit.

Il faudrait des cailloux,

il faudrait des petits cailloux blancs pour trouver le silence

avant qu’il ne nous trouve

 

des petits cailloux blancs comme des cris.

 

Le bruit a mangé toute la page

Le bruit tout mou comme un nuage.

 

Dans l’air, tout est vrai comme le dernier mot entendu.

 

Tout est vrai qui ne se voit plus.

 

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29 octobre 2014

Bienvenu

Bienvenu c’est un mot comme un dos où poser sa joue ronde en regardant de côté ce qu’il y a d’horizon

Bienvenu c’est une mélodie à la hanche du monde. 

28 octobre 2014

Complainte

La bonne conscience offerte, c’est la corde du pendu

Une main attrapée ça vaut la main tendue

Moi j’ai craché dedans, comme dans les autres soupes

Y a longtemps qu’y a plus d’vent, plus de vent à ma poupe

Bis, ter, etc.

Ad libitum.

 

 

 

27 octobre 2014

Ne me demandez rien...

 

"Ne me demandez rien. j'ai vu que les choses

quand elles cherchent leur cours ne trouvent que leur vide.

Il y a une douleur de creux dans l'air inhabité

et dans mes yeux des créatures vêtues, sans nudité !"

 

Un extrait de

1910 (Intermède)

Poète à New York - août 1929

Federico Garcia Lorca

26 octobre 2014

L'atelier Junior de la Maison de quartier de Port-Neuf

Un enjeu : partager la passion de la poésie avec des jeunes, de 8 à 18 ans.

La poésie, parfois, on pense que c'est cette chose un peu surannée qui sommeille entre les pages des manuels. Cette chose qu'on vous fait apprendre par coeur et "réciter". Cette chose qu'on dissèque au scalpel de l'analyse littéraire, parce que cékoikilavouludirloteur ?

Cette chose qu'on se dépêche parfois d'oublier, avec son sempiternel petit cahier séyès de travaux pratiques et son crayonnage sage, et qu'on retrouve, si les parents ont été soigneux de la mémoire de papier, trente ans plus tard en s'apercevant que ces mots appris dans l'effort trainent toujours un peu quelque part, ou mieux encore, qu'ils ont fait des petits.

C'est parfois, la poésie, quelque chose qu'on efface de son champ perceptif et de son langage personnel en plongeant coeur et âme dans un rap, un slam, une parole de rue, un coup de gueule, un truc moderne logorrhéique rythmé scandé aboyé et provoquant... pour s'apercevoir dix ans plus tard que, ben, c'en était peut-être aussi, de la poésie.

Souvent, des années d'école, on a retenu d'elle qu'elle rimait (parfois à rien), qu'elle avait des règles zorglüb, et qu'il arrivait on s'ennuyât ferme à écouter en chapelet le quarante-douzième camarade égrener en morse-parole le quatrain imposé de Claude Roy ou de Prévert.

Bon. 

Un atelier de poésie junior, c'est pour quoi faire, alors ?

Ben, de la poésie, parbleu. De la poésie

mais qui serait mal coiffée

peut-être même mal élevée

qui habiterait

dans la marge

sur une scène

dans des livres

qui se fabriquerait avec des mots,

des gros et des petits

sur des feuilles

avec de la musique

et un pied de nez ou deux.

 

C'est un enjeu. Peut-être, oui.

Pour être allés raconter notre boniment aux ados des deux lycées du quartier, on a vu.

Poésie, ah wè, d'accord. Après les cours. Ah wè, d'accord. A prix libre. Ah wè, d'accord.

Ils sont polis les p'tits jeunes, ils nous ont reçus bien gentiment, mais on a bien compris qu'il allait falloir les convaincre. Ah, wè, d'accord. 

L'atelier a lieu tous les mardis soir de période scolaire, de 17h45 à 19h15, à la Maison de quartier de Port-Neuf (Place de l'Île de France). L'inscription est trimestrielle, auprès de nozigues, sur place. Les conditions : une adhésion à la maison de quartier (10€), puis une ptite feuille classique avec les autorisations d'usage, et une participation financière LIBRE. (Nozigues : Frank ou Angélique, 06 89 24 20 19, frangelik-motsnomades@hotmail.fr)

Pour l'instant ils sont quatre, de neuf à douze ans. On espère des ados par-dessus le marché. Passez le mot dans vos réseaux s'il vous plaît.

C'est un atelier où on écrit, on lit, on dit, on rit pas mal aussi. Si l'aventure est belle, on fera des scènes, voire un pestacle. On publiera. Si, si, je vous assure.

On publiera.

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26 octobre 2014

Toute de triste habillée

tout de triste habillée la mère

ramassée dans les cauchemars infantiles

tétant l’amère lactescence

de toute une vie à genoux

à ne croire qu’en la Croix

mains jointes

 

 

attendre

que ça vienne vers toi

la peau le sang les mains

de tous ceux

que tu ne cherches pas.

 

Jean-Claude Goiri

 

Jean-Claude Goiri écrit. Il publie. Il blogue et c'est ici, notamment.

Il tient une permanence ici, au service du Festival permanent des mots.

Je l'ai rencontré grâce au blog de Traction-Brabant

J'ai pris la petite heure cadeau du matin des horloges connectées pour la jeter dans sa plume. Je vous en poste ici une toute petite éclaboussure.

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