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Un poil de plume dans un monde de bruit

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18 janvier 2016

Pauvre

Parfois, un enfant écrit un texte. En cinq minutes. C'est fugace, ça se chiffonne à la poche pliée, ça s'oublie à une table de cuisine, ça s'envole au courant d'air... 


Parfois, on se dit qu'on a de la chance d'être les dépositaires de ces textes là. Pour le lecteur.

 

Farah

Pauvre

La ville, la vie
est pauvre en tout
En rien

Les couleurs
les lueurs sont pauvres en tout.
En rien.

Nous sommes pauvres en rien
En tout.

 

Farah, et quelque chose comme 8 ans...

Un samedi après-midi à la médiathèque François Rabelais, Gennevilliers, janvier 2016. Ateliers Poids plume. 

 

 

ah, et puis : si vous voulez soutenir Poids plume, c'est possible ici jusqu'au 24 janvier : Ulule Poids plume

Merci !

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9 janvier 2016

Le remède

Fayad Ashraf est condamné à mort en Arabie Saoudite.

Pour apostasie.

C'est un poète palestinien.

à l'appel du slogan Vie sauve pour Fayad Ashraf, le Printemps des Poètes invite à des actions de soutien. Le prochain rendez-vous a lieu le 14 janvier à midi. Les informations sont ici.

FAYADASHRAF

Voici un texte d'Ashraf Fayad, traduit par Abdellatif Laâbi

 

Le remède

 

Tu démentiras toutes les informations

les revues de presse

les analyses des spécialistes

en dernier cri de la mode

Tu n’abuseras pas du sommeil

et du téléphone portable

Tu t’exerceras un peu

à la mort

Tu te débarrasseras de toutes les photos

que tu as gardées de ton enfance

de ton adolescence, de ta pauvreté

de ton ex-aimée

des contes de ta grand-mère

et de tes virées nocturnes

pour t’attaquer

à certaines prétendues vertus

Tu utiliseras de l’eau chaude pour ta douche

et te laveras les pieds

chaque fois que tu ôteras tes chaussettes

Tu feras tiennes les expériences

de ceux qui viendront après toi

Tu écriras ton nom à l’envers sur le miroir

Tu mangeras avec la main droite

et laisseras le reste

à ceux qui méritent plus que toi

ta bouchée trempée dans

le pétrole

8 janvier 2016

Ils sont au rendez-vous...

Si ce sont toujours les heures du matin qui allument l'étonnement, c'est qu'il y a eu la fertilité de la nuit. 

C'est dans son antre que se nichent les subversions, les prises de bec et les refus sans éclats. Sous son manteau d'étoiles ou de nuages que se dessine l'autre réalité, celle qui ne s'écrit pas dans les journaux du matin. C'est à la faveur de la presque obscurité et du presque silence que s'invente la voix des poèmes.

Et depuis que s'annonce Poids plume 2016, chaque matin allume son réverbère d'étonnement, une lumière capable d'épousseter chaque heure du jour de la fatigue ordinaire immiscée dans les coins.

Chaque matin révèle un poème déposé sur les ailes de la nuit comme une bouteille dans l'océan des choses écrites.

Les gens sont au rendez-vous de ces nuits. Ils font poème vers les rives de notre tout petit artisanat. Chacun à sa façon détache les mots du réel sous-titré pour écrire avec un fragment d'humanité qui s'éveille au grand jour, à l'heure des voitures, et nous rapporte de la nuit l'éclat de l'étonnement. Cette chose devenue rare dans les plis du bavardage quotidien. 

Poids plume 2016 sera fabuleux, il l'est déjà.

Bienvenue aux poètes qui détournent - on aurait pu s'y attendre - la contrainte du format pour en faire un labyrinthe frondeur aux langues et couleurs souterraines, au "sous-dessin-jacent".

Bienvenue "A l'air libre de rouille", le dernier né au petit peuple des poèmes. 

Poids plume, c'est une édition pas comme les autres. Une parole libre, plurielle, populaire. Gratuite. La vôtre, la nôtre, celle des petits, celle des grands. Et la voix de grands poètes, aussi. Écoutez-la...

Les inédits de la nuit...

 

(on ne dévoilera pas le nom des auteurs. Poids plume, c'est une surprise, aussi...)

 

 

 

2 janvier 2016

ça poursuit, ça précède Poids plume...

Parmi les "news" publiées pour l'accompagnement du projet Poids plume sur Ulule - que vous pouvez lire dans l'onglet "news" en suivant ce lien : Ulule Poids plume - il y a un clin d'oeil aux secrets initiateurs du projet : Anden, la maîtresse d'école qui nous offrit le premier poème Poids plume, en 2009. Et Loïc, l'auteur de la première collection de 7 tomes de livrets Poids plume en décembre 2014...

Aujourd'hui, pour aller encore un peu plus loin dans la genèse, voici la racine du livret-poème d'Anden... 

C'est un petit livre dont vous trouverez tous les secrets sur le site de l'ICEM : Institut Coopératif de l'École Moderne - Pédagogie Freinet, et encore plus précisément, la fiche technique avec quelques indications pédagogiques .

Alors, un deux janvier comme un hommage discret à Érasme, Rabelais, Rousseau, Pestalozzi, Itard, Seguin, Montessori, Makarenko, Piaget, Freinet, Korczak, Decroly, Neill, Dewey, Oury... de grands pédagogues qui au cours de leur travail et leurs passions conjugués dans le droit fil du temps tortueux nous ont permis de croire un temps à l'Éducation Nouvelle. Celle qui ferait de nous - et surtout de nos enfants - des hommes libres. Inventifs. Éclairés. Sociables. Libres penseurs. Artisans d'un monde équitable. Respectueux. Intelligents. 

Poids plume, sous ses airs de poème, est une goutte d'eau (nostalgique) à la rivière de leur grand courant...

Pédagogie du libre choix, disait Montessori. "Libres enfants de Summerhill", disait Neill, écrire pour lire, disait la méthode naturelle de Freinet...

 

Et voici Poids plume : des auteurs, des lecteurs.

Écrire, puis lire tous les autres. 

Faire circuler. Offrir.

La parole de chacun comme un instrument de liberté à reconquérir, à amputer des stéréotypes qui la réduisent et ce faisant, qui atrophient insidieusement la pensée. 

Ô dites, s'il vous plaît, vous écririez des livres ? Avec vos mots à vous. Des livres à offrir ?

 

 

Et ce poème de Guy Bellay à déposer sur le rebord de votre journée pour y respirer, là "où l'imagination se repose". 

 

Parmi des enfants je gagne ma vie.

De trente écrire lire et compter feront des sujets mieux trompés

de trois peut-être des hommes libres.

Je souris aux déshérités,

mais l'affection peut être une imposture comme les rêves trop tôt donnés. 

Je respire sur la fenêtre où l'imagination se repose.

Un apprenti à l'aise dans son bleu me salue.

Je garde pour moi l'envie de travailler avec des hommes.

 

Guy Bellay - Les charpentières - édition le dé bleu - 2002

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23 décembre 2015

Des petits livres épuisés...

... et heureux. 

Voici les deux livres épuisés de la collections Poids plume 2015 :

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Pour quoi, de Lise Lanapavan, et Insurrection poétique, de Sophie Bobineau.

A quoi tient un succès éditorial quand le livre est micro-édité, et gratuit ? (question ouverte...)

Pour quoi :

Un livret poème qui montre que Poids plume peut aussi se passer d'images. Dans Pour quoi, Lise n'utilise aucun point d'interrogation. Pourtant, elle ne cesse de questionner. Pour quoi décline 6 poèmes au long de ses 8 petites pages. Chaque poème est un tableau. Lise regarde, et elle raconte, avec ses mots comme des crayons. Dans son petit musée sobre, sans grandiloquence, avec une acuité sans complaisance, elle n'épargne aucun détail. 

Cueillis pour vous au fil du livre :

Sur un banc béton

Un homme        à tâtons

veut ouvrir

un vieux souvenir (...)

 

Un champ à la peau retournée

S'étire sous un ciel au front plissé.

 

Un gars, (...)

 

Elle joue

Ses repas du soir

Au loto

 

Insurrection poétique :

Dans le livre de Sophie Bobineau, c'est presque tout le contraire. Les mots sont l'image. Le poème est un trait. Des traits. Une écriture. Un arbre, un feuillage, une tempête. Une saison qui fait sa révolution avant de nous offrir le prochain équilibre, bordé des filets de l'espoir. Ce poème-là, je ne peux pas vous le dire, il faut le voir. 

Tentative. Photo des pages 2 et 3

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La première de couv' ne présente aucun texte, même pas le titre. Idem sur la quatre, n'étaient nos menues mentions d'éditeur. (J'en profite pour vous signaler que si, l'an dernier, nous avons été trop "courts" pour recevoir les N° d'ISBN avant l'impression, il n'en sera pas de même en 2016 ! Sur la quatre de couv', les Poids plume seront donc gratifiés du numéro d'identification qui leur sera attribué par la BnF. Fin de la parenthèse.)

Deux succès de l'édition Poids plume, succès décidés par les lecteurs, et dont ne témoigne que l'épuisement du livre.

Merci les auteurs, merci les lecteurs, merci les passeurs.

 

Attention, ils sont PRESQUE épuisés - il ne nous en reste qu'un ou deux exemplaires de chaque :

 

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de gauche à droite : 

De lumières et d'ombres, de Jean-Claude Moreau, qui a écrit son texte sur ses photos. Une errance sensorielle, un chemin, une grotte où L'eau se fige en laves déliquescentes, cristallise au soleil pour s'empâter la nuit, blancs et noirs réconcilés.

Le livre à poèmes de Lya, école élémentaire de Port des Barques. Quand la vie est une guitare/Chaque jour est une mélodie/Quand la vie est un pingouin/Chaque jour est une mer/Chaque mer, un poisson, un bateau, un océan. Où l'on reconnaît Prévert sous la plume de l'écolière.

P'tite plume, de Myrtille, une injonction à l'écriture, pour tracer des choses qui seraient volontaires et non plus subies... Sors-les de leur brume/Égratigne leurs certitudes indélébiles tatouages/Moque-toi de leur argent facile/Effiloche leurs vérités bien nées...

Plume de Goéland, de Camille Phelippeau (10 ans), et un univers fantasque, Camille, une championne du poème dialogué, héritière de Jean Tardieu à son insu, et par conséquent sans contrefaçon : 

"Lumière sur le miroir des vagues ! Nuit à la terre, couleur à la mer ! (...) Vagues, eau sont à vous, le manuscrit de votre vie n'est pas encore écrit !

- Nourriture nous voulons ! Sel nous ne prendrons ! Bons marins nous sommes, sucre nous préférons !

- Humains vous êtes, hommes vous resterez ! Déesse je suis, légende je resterai !"

Camille, la fillette (qui) sourit avant de faire le geste de la vie.

Arc-en-ciel de poèmes des élèves de Grande section de l'école de Biron. Dans le jardin de mon coeur il y a des fleurs et des étoiles, et même des graines de coeur qui poussent. Valentine, 5 ans. Et l'un des plus beaux poèmes d'amour à travers temps et littérature : Si le livre parlait à Charlotte, il lui dirait qu'il l'aime. Kenzo, 5 ans. 

A l'ITEP*, d'Ann Cairn *Pour ceux qui ne parlent pas le langage des sigles, ceux qui ne sont pas encore complètement siglés : Institut Thérapeutique Éducatif et Pédagogique, on y accueille, ensemble, les enfants qu'on ne supporte pas, même séparément, ailleurs. ndla sur la une de couv'. Où il est question de cadre, de cases, de violence, de patience. Et tout compte fait, d'amour.

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Pour toi vous collectionneur, si tu veux te procurer ces petits livres gratuits - ou les autres - sauf Pour quoi et Insurrection poétique, indisponibles - avant épuisement complet du stock - tu peux écrire ici : frangelik-motsnomades@hotmail.fr ou là : Mots Nomades, 12 rue Alphonse Baudin, 17000 La Rochelle. 

Pour vous toi, auteur Poids plume potentiel pour 2016, je te raconte le projet ici, et si tu as des sous à donner pour que cette poésie-là reste gratuite, on sera content de ta générosité !

A vous, lecteurs prochains de poèmes Poids plume, on peut d'ores et déjà vous annoncer une collection 2016 éclatante, de paroles, de littérature, de rencontres inédites, d'écriture à l'oral, même, collection à laquelle nous feront l'honneur de se joindre quelques livrets poèmes inédits de grands poètes contemporains. Mais chhhhht !

La magie de la pluralité.  Le privilège de la gratuité. Et la poésie, de la main à la main.

 

 

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21 décembre 2015

Appel à textes Poids plume 2016 !

C'est vrai que l'an quinze n'a pas encore replié ses ciseaux.

Mais il n'y a plus grand'chose à couper. Sauf, peut-être, un bout de papier. 

Comme ça :

La découpe utile pour Poids plumeune découpe utile pour fabriquer un livre. 

un livre en toute modestie.

un livre en un exemplaire.

votre livre.

une monographie.

(modeste ou pas, d'ailleurs, cela, en fait, ne nous regarde pas ;)

 

 

 

 

Un livre minuscule qui ressemble à ça :

Livret Poids plume

 

Ainsi, vous auriez un livre à écrire. Pour le Printemps des poètes à venir.

Vous nous l'enverriez au siège de l'Association Mots Nomades : 12, rue Alphonse Baudin, 17000, la Rochelle. Avant le 6 février.

Votre livre serait un poème. Du texte brut, manuscrit ou tapuscrit, signé de vous, évidemment. Inédit, c'est la règle.

Poids plume pliage et façonnage

Votre livre pourrait inviter l'image, la couleur, la calligraphie, la plume, la craie, l'encre, le trait, le crayon, la photo, le collage, le tissu, le feutre... votre livre serait ce que vous avez envie qu'il soit. Il dirait quelque chose, avec vos mots. Vous pourriez l'écrire tout seul, ou à plusieurs. Vous pourriez aussi bien avoir 2 ans et dicter votre texte à un parent, que 102 ans, et confier un message à fleur de papier à une jeune plume qui transcrirait pour vous si d'aventure la préhension de l'outil scripteur venait à vous jouer les tours que réserve parfois le grand âge. Vous pourriez écrire à l'oral, écrire dans une autre langue que quelqu'un traduirait en français, vous pourriez être un écrivain à la plume experte et abondante ou  auteur occasionnel au premier stylo intimidé, mais vous auriez quelque chose à confier au papier.

Une parole. Sous sa forme écrite. 

Ainsi, vous écririez un livre de 8 pages au format A7. 

Et nous choisirions, parmi tous les livres qui nous seraient envoyés, entre 50 et 100 oeuvres originales que nous éditerions en 150 exemplaires chacune ou à peu près. De telle sorte que nous deviendrions les heureux éditeurs de quelque chose comme 10 000 livrets poèmes, que nous acheminerions, gratuitement, vers les passeurs de poèmes, pour qu'ils les offrent de votre part aux lecteurs. Des livrets poèmes vecteurs d'une parole poétique plurielle, gratuite et populaire. 

Votre oeuvre serait, bien sûr, déposée à la BnF. Ainsi, elle porterait un N° ISBN et une date de dépôt légal, comme un "vrai" livre, parce que votre oeuvre serait un "vrai" livre. Et nous serions de "vrais" éditeurs. 

Voici donc une idée du projet Poids plume. Tel qu'il a vécu en 2015. 

Un projet qui a poussé entre les affres de janvier 2015, le Printemps des poètes qui s'est voulu insurrectionnel, et l'expression à propos de laquelle on a dit beaucoup de choses. 

Poids plume 2015 a laissé quelque chose comme 47 oeuvres originales, déclinées en 5000 livrets offerts au public tout au long du printemps...

2016 s'annonce. Et avec 2016, la prochaine collection Poids plume.

Création graphique de Loïc Bouyer

 

 

En serez-vous ?

Allez, dites oui !

Comme Poids plume est gratuit pour le public, il nous appartient de chercher des subsides pour réaliser le projet. Il faut payer le maquettage, l'impression (chez un imprimeur Imprim'vert et sur du papier PEFC), le façonnage (tout à la main !!), des frais postaux et d'autres petites choses encore. 

C'est pourquoi, en plus de notre quête de financements publics et privés, on a déposé le projet sur la plateforme d'Ulule, pour permettre à chaque personne intéressée d'y aller de son obole. Si ça vous dit, c'est là --> Poids plume Ulule

 A vous lire,

 

7 décembre 2015

Le porte-voix

Il est sorti de chez l'imprimeur le 10 novembre. Déposé le soir-même aux Saisons, notre première librairie rochelaise. Venu au monde dans la fébrilité des mains impatientes et la joie d'une première fois. On avait cueilli quelques jours plus tôt l'avis de Loïc, entre deux portes, pour le fameux BAT qui présidait à sa matérialisation, l'ultime étape d'une longue gestation d'un an.

Et puis, sitôt né au monde des objets, il a filé vers Paris sur ses petites pattes de papier et d'encre pour aller rencontrer ses grands frères, ses grandes sœurs, pour faire son entrée dans la cour des livres.

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Le 11, il commémorait, dans notre sacoche,  en silence, avec l'histoire du "soldat sur la place" de Bernard Ruhaud, la "grande" soit disant "dernière". On le pensait sacrément d'actualité, ce texte, même si c'était pas fait exprès.

Le 12, il déclenchait une avalanche de sourires authentiques à l'Hôpital Saint-Antoine où il était venu en mains propres s'offrir en exemplaire d'auteur. On s'est surpris à penser qu'il incarnait le premier printemps d'automne remarqué par tous sous le microclimat du service de psychiatrie de jour. Les blouses blanches, les patients, la bibliothécaire et nous, on s'est tous crus du même bois, celui dont on fait les mots, les livres, les mains, les regards. Quelque chose de neuf s'était allumé dans nos yeux. Un truc comme une reconnaissance, limpide, évidente, d'égal à égal, à la table du b.a.-ba des significations humaines.

Le 13, surfant sur sa griserie bon enfant de la veille, il pointait son museau guilleret aux portes du salon de L'autre livre, à l'Espace des Blancs Manteaux. Bec enfariné. Fanfaron. Un poil naïf. 

Effervescence euphorique. Des éditeurs, des lecteurs, des auteurs, et puis des camarades. Emmanuelle, du Printemps des Poètes, accompagnée de Patrick, un auteur inédit en bois brut, de ceux qui transpirent le texte par tous les pores du regard ; Pascale, des éditions Lunatique, avec Marianne venue signer "l'enfance crue", Sandrine, des éditions Les Arêtes... un accueil fait de sourires et de petits émerveillements fugaces et sincères. Demain, on verrait Pascal, des éditions Asphodèle, qui signerait "le succube du tyran", denis parmain, évoqué dans le précédent article, Wanda, des éditions Transignum... demain, on écrirait aussi avec le public de Gennevilliers, à la médiathèque François Rabelais, on écrirait des poèmes avec les gens, on le présenterait encore à cette occasion, les bonnes fées se pencheraient de nouveau sur son berceau pour lui souhaiter la bienvenue au monde. A lui, Le porte-voix N°1, notre toute nouvelle revue de paroles poétiques, le petit canard ou le bébé signe tout juste éclos de notre couvade précautionneuse.

Et puis le 13 novembre a tragiquement fait fausse route, les décisions qui s'en sont suivies, aussi.

Avec hébétude au milieu de la nuit, mais candeur encore, accrochés à nos téléphones intelligents qui nous demandaient avec insistance si on était toujours vivants, nous, bien peinardement planqués sous la couette de l'amie qui nous hébergeait à Saint-Ouen, nous, douillets innocents aux mains pleines de santé, on a pensé "le rendez-vous demain avec le public de Gennevilliers pour écrire, c'est tant mieux. Ça sera une façon de faire silence avec nos bouches et corps avec nos plumes, avec les gens d'ici, proche Paris, banlieue tout près, cité du Luth à vol de pigeon."

On a pensé aussi "le salon de L'autre livre, demain, on y retournera, nos écrits dans les mains et nos sourires encore indemnes, par le pouvoir de la chance sublime qui nous a été conférée de vivre, ici, du bon côté du monde, là où dans la rue on marche sans craindre, d'ordinaire, pour sa peau. On va l'honorer, cette chance, hein, dis, c'est ça, à la mémoire de ceux qui sont tombés, c'est ça, en souvenir de l'héritage de nos pères et leurs saloperies de guerres qui ont fait d'eux parfois des bouchers, alors que c'étaient des braves types, au fond, des braves types comme nous, comme l'autre aussi, là-bas, celui qui a pris une arme pour descendre tout le monde et s'est fait sauter le caisson ensuite, parce que plus rien de rien mais rien de rien de rien ne vaut rien, nous, non, dis, si on veut pas s'allonger avec le rien de rien ni avec les saloperies que nos pères nous ont rapportées d'Algérie, alors qu'ils auraient pu être des braves types toute leur vie, sans payer au prix fort du cauchemar à perpète la sempiternelle dénégation de la dignité de l'autre, dénégation qu'on nous perfuse à notre insu depuis la naissance, ni vu ni connu je t'embrouille, dénégation de la dignité de l'autre, là-bas, loin, dans le pays pas civilisé, qui meurt par centaines sous les frappes aériennes, pas grave, ici civilisation, là-bas, chaos, dénégation de l'autre, là-bas, loin dans le temps, qu'on a vendu comme bétail et abattu comme chien, même pas comme chien, parce que ton chien, tu le pleures, pas grave, loin dans le temps, oublié, pardonné, dénégation de l'autre, là-bas, pas de chance, désert aride, tombé comme mouche rien à bouffer, quand nos poubelles regorgent de pain frais javellisé pour les clodos ne pas s'agglutiner aux vitres à l'heure de la fermeture, alors, dis, on va l'honorer, hein, notre chance d'être vivants et bien portants et bien nourris, bordel de merde, si on veut pas s'allonger avec l'horreur du monde en attendant la fin, on va pas s'arrêter, dis, ça n'aurait pas de sens, on va y retourner, hein, au salon de L'autre livre, plus que jamais, y retourner, et brandir nos maigres plumes comme un signal déterminé, pacifique, rebelle et silencieux, on va y aller, dis, sinon, c'est que ça sert à rien les troupeaux dans les rues à la mémoire d'icônes de la liberté d'expression frondeuse et provoquante, sinon, c'est que ça sert à rien, les Lumières qu'on nous vend comme le nombril du monde, avec les droits de l'homme pauvre coquille vide habitée par une espèce de crabe de patrie aux allures de bernard l'hermite qui avance de travers. On ira, dis. On ira.

Mais non.

Ceux qui nous gouvernent ont mis le cap sur l'interdiction, tous symboles de la république en érection exhibés sous nos yeux hagards, en nous demandant expressément de regarder ailleurs, des fois qu'on essaie d'y comprendre quelque chose, de regarder ailleurs, au firmament, là, la lueur glauque du spectre de la trouille qu'ils y ont projetée, ravivée à l'étincelle du spectacle de l'horreur qu'on nous a imposé en boucle, la trouille exhumée de nos fantasmes archaïques les plus terrifiants parce qu'issus de la mémoire du pathos commun de notre civilisation de chasseurs auto satisfaits et grandiloquents. 

Mais non. On n'y est pas retourné, au salon de L'autre livre. Il a fermé ses portes, le ventre de Paris, levé le pont-levis, préparé l'huile bouillante comme pour un siège. Rentrez chez vous, parisiens, y a plus rien à voir, que votre écran home-cinéma, la vraie vie n'est pas à la rue, elle est ailleurs, là où on vous dit de voir.

Mais non, on n'a pas écrit avec les gens de Gennevilliers, médiathèque fermée, mesdames et messieurs, notre fée bibliothèque nous a appelés de sa petite voix terrassée, au bout de son trajet toute seule à vélo dans les rues désertées : "la bibliothèque est fermée, tout le monde est rentré, l'atelier est annulé."

On a repris nos "Porte-voix" aphones, repris la route, et on s'est rentré au bercail de l'Atlantique. On a photographié la mer moche pour l'offrir en lot de consolation à notre fée bibliothèque. C'était pas grand-chose, mais c'était déjà mieux qu'un ciel de rien avec personne dessous.

C'est comme ça qu'il est revenu à La Rochelle, l'encre en berne et la cédille entre les pages, Le petit porte-voix. Déniaisé de façon brutale, mis au pied du mur de ses propres tiédeurs, parler poésie quand c'est le monde qui flambe, et elle est où ta prise de position, petit ? Le moral au fond des interlignes, la gerbe à fleur de mots et un "à quoi bon" pour refrain obsessionnel. Il s'est fait tout p'tit, l'outrecuidant blanc-bec, dernier né d'une poignée de chansonniers-diseuses-et-dessinateur improvisés éditeurs depuis la dernière pluie, moulin benjamin d'une portée devenue inutile quelques massacres plus loin.

"Elle est où, ta prise de position, petit ?". Il nous a regardé avec des yeux effarés comme un petit poucet qui entend ses parents orchestrer son abandon. 

Mais on s'est dit que l'heure n'était pas à la réjouissance, qu'il fallait plutôt faire silence et pudeur, parce que les souffrances du monde. Alors nos naissances, y avait pas lieu de s'en réjouir, il convenait de les garder par-devers nous pour ne pas attirer le mauvais œil sur les bonheurs impertinents. "Pour vivre heureux, vivons cachés", disait ma sage grand-mère.

Et puis les jours succédant aux jours et l'écœurement à la stupeur, on a regardé,  trois semaines après, impuissants, la débâcle électorale du premier tour. On a regardé sans un mot les urnes vomir leur indigestion de démocratie représentative, on a même cru entendre dans l'absence le désavoeu massif de l'exercice d'un pouvoir-farce dont nous sommes les dindons fatigués. Ecoutez bien l'absence. Le silence. On y entend des voix, parfois. Et ça nous illumine. 

Avec un sursaut, on s'est dit que notre petit Le porte-voix à qui "les événements" avaient coupé le sifflet sitôt né au monde du papier, il avait peut-être, quand même, son mot à dire.

D'abord, parce qu'il raconte précisément une histoire de voix à exprimer et à recevoir.

Ensuite, parce que les poètes nous ont offert des textes inédits pour qu'on porte leur parole, et qu'une parole, bon sang, ça se tient.

Encore, parce que le lecteur a bien mérité quelques textes poétiques singuliers au beau milieu de la logorrhée qui est son pain quotidien médiatique.

Pour suivre, parce que des librairies nous ont fait le plaisir de l'accueillir.

Et aussi, parce que dans le contexte extravagant que nous traversons, certains de ses lecteurs, qui l'ont reçu dans l'intervalle chaotique, l'ont dit "visionnaire".

Et puis surtout, on a pensé à Mahmoud Darwich, et à l'exil ; à Nazim Hikmet, et à la captivité ; à Robert Desnos à Theresienstadt ; au seul livre de poèmes de Primo Levi "à une heure incertaine" ; à Syntaxis 4 des frères Ginzburg ; à Victor Hugo ; à la ballade des pendus ; à Stabat mater furiosa de Jean-Pierre Siméon...

Et très proche de nous, on a pensé à Ashraf Fayad condamné à mort en Arabie Saoudite.

Alors on l'a relu, Le porte-voix. Avec des yeux neufs d'avoir vécu des jours moches. Et on l'a trouvé beau. Peut-être même encore plus beau qu'avant. Avec ce quelque chose de pathétique qu'ont les enfants trop vite grandis au sirop de la vie qui fait pas de cadeaux, et qui jouent quand même à la marelle avec l'insouciance d'un espoir en bandoulière. Visionnaire.

Il nous appartient de vous transmettre sa vue et sa voix singulières. C'est notre urgente mission.

J'ai donc l'immense plaisir de vous présenter au nom de toute l'équipe Le porte-voix N°1, revue de paroles poétiques, avec, dans la grande ourse :

Béatrice Amodru,  Charlotte Gomez, Bernard Ruhaud, Cathy Garcia, Daniel Biga, Denis Montebello, Héronimüs Parminos, Victor Blanc, Jean-Michel Platier, Laurence Sartirano, Josyane de Jesus-Bergey et Hamid Tibouchi.

Et dans sa petite ourse, nous cinq artisans de la collecte et du tissage :

Brigitte Agulhon, Loïc Bouyer, Nina Gomez, Frank Schluk et moi-même.

 

10 novembre 2015

La Feuillue automnale

C'est la saison qui veut ça. 

C'est denis parmain qui veut ça aussi.

denis parmain, c'est quelqu'un qui cueille avec une égale générosité toutes les paroles poétiques, et qui passe le mot.

La première dissidence de La Feuillue, c'est qu'elle est gratuite. Puis, elle révèle au fil des pages d'autres petites insolences à butiner avec amours, délices et orgues, dans le pluriel des voix en bouquet qui chantent quelque chose sans nous fatiguer d'unisson. 

denis parmain publie avec égalité de traitement toutes les paroles qui s'offrent à lui, pour peu qu'elles soient - en règle très générale mais il y a des cas particuliers - inédites, poétiques, et en navigation libre vers le lecteur. La feuillue offre aussi des images qui sont des poèmes. Ou l'inverse. Voyez plutôt :

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encre et poème de Viviane Carrupt - 2015 

"Les mots pourraient rire de la nuit au lieu de gémir sur le jour qui fuit..."

 

Dans La Feuillue, on trouve parfois des paroles de mômes. Parfois aussi des paroles collectives...vous savez, des poèmes de causerie, retenus aux mots échangés entre des personnes de grand âge...des tapisseries, broderies de mots à fils croisés de plusieurs langues et sensibilités, des tableaux impressionnistes où chaque mot est une couleur. Ô qu'il est loin l'ego de l'auteur et celui du revuiste, qu'il est loin l'ego. Et comme c'est bon à cueillir à l'ère des flux verbaux contaminés de la grande distribution des Boîtes à Réponses et à l'époque des stars d'un jour !

La Feuillue, c'est une surprise poétique renouvelée à chaque saison. On sait qu'elle va arriver, on se sait jamais quand. On ne sait pas ce qu'on y lira. La surprise est intacte à chaque fois, une Feuillue, cela s'attend comme une gourmandise, une cerise et un gâteau, comme un cadeau. D'ailleurs, c'en est un : c'est la tournée générale trimestrielle de denis parmain, c'est lui qui rince, et croyez-en une fidèle, l'ondée est bienfaisante. 

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Pour recevoir La Feuillue, il faut se présenter à denis parmain en écrivant à l'adresse suivante : poetarbrut@yahoo.fr. Et puis il faut s'engager dans la danse des feuilles vives. Une feuillue reçue comme cadeau appelle retour, réponse ou petit mot. C'est un courrier au sens papier du terme, c'est un retour à l'échange épistolaire, si modeste soit-il. denis parmain vous donne, vous recevez, vous répondez, il y a de la vraie personne en bois brut là-dessous. Pas de compte Paypal, pas de monnaie de singe, que des mots, des mots et des personnes qui les écrivent pour que quelqu'un les lise. Des gens qui se parlent encore. Vous, denis parmain, les poètes qu'il publie. 

Jai rencontré La Feuillue et denis parmain de fil en aiguille, en suivant Patrice Maltaverne et son blog "C'est vous parce que c'est bien".

denis parmain est un peu à la genèse de Poids Plume. Il ne le sait pas forcément. Ou tout au moins, il ne sait pas à quel point. Qui sait comment jaillissent les idées, et où nous mènent les fils et les aiguilles...

Une révolution dans une meule de foin. Cherchez bien.

 

 

"La foule qui renverse les Bastilles.

Mais les bastilles se reconstruisent, sans bruit, sans souffle.

Les bastilles nous coupent le souffle."

Jissé - inédit 2015 in "La Feuillue Automnale" N°20*

 

* chaque exemplaire de La Feuillue est numéroté à la main et signée au crayon de bois par le revuiste. Chaque exemplaire est unique. 

 

 

 

 

 

 

 

22 octobre 2015

Écrit(s) du Nord 27 - 28

La boîte aux lettres déjà ne se souvient plus de mon nom, mais Écrit(s) du Nord, si. C'est ainsi que j'ai reçu ce numéro. Gracieusement. 

écrits du nord 27 28On ne sait pas toujours, avant d'y mettre les doigts, qu'ils sont généreux, les éditeurs de poésie. Vous achetez un numéro, et il n'est pas rare d'en recevoir deux ou trois. 

Parfois, par le biais des fanzines, tout est gratuit pour le lecteur. sauf peut-être, allez, les frais de port. mais encore, ça dépend des fois. Le printemps des poètes 2015 nous a parlé d'insurrection poétique. La gratuité est-elle insurrectionnelle, aujourd'hui, en ce 22 octobre 2015 ? La gratuité du geste culturel, de l'acte de parole, de la trace écrite, de la transmission... est-elle insurrectionnelle ? Que mangent les poètes ? Quels compromis faut-il faire pour être gratuit et payer son loyer ? Boah pfffou, est-on jamais allé loin avec des questions bêtes ?

C'est ainsi que j'ai rencontré, par exemple, denis parmain qui produit une feuillue trimestrielle. Entièrement gratuite. 

Et des choses se passent dans les boîtes aux lettres, des petits papiers écrits à la main s'échangent, les gens se lisent, se considèrent. C'est un retour à la parole grâce au ruissellement souterrain d'une nappe phréatique millénaire, aussi ancienne que l'avènement du premier signe sur une roche : derrière chaque auteur se trouve la respiration organique de quelqu'un de vivant. 

C'est cette respiration-là que l'éditeur de poésie donne à toucher. 

Essayez. c'est doux, ça donne de l'air. 

Lu à l'accueil du site "ralentir poème", ce qui reste :

"Pren­dre le temps de lire un poème est un acte de résis­tance libéra­teur, une manière derester dans l’instant présent, d’échapper à la fuite en avant per­ma­nente que nous impose le rythme de notre époque. C’est repren­dre sa res­pi­ra­tion avec l’inspiration des autres." Jean-Michel Maulpoix

Alors, résistons. ça a l'air si facile, dit comme ça. 

 

Dans ce numéro, vous pourrez lire le jeu de harpe de l'araignée dans "Un été quatorze" de Daniel Py (page 59) ; le poème sans concession de Guy Molès, "Triptyque de la mort honteuse", Journal d'un enterré vivant (page 51) ; touver dans "Le soleil dans la bouche" de Céline Escouteloup que l'amour, n'en déplaise aux qu'en dira-t-on, n'est pas mort (page 31).

Et ce micropoème de ma voisine de page

 

"Être

Le phare

Qui

Balaye

Ta plage"

Évelyne Charasse 

(page 17)

 

Écrits du Nord, www.editionshenry.com, 12€ (nan, c'est pas gratuit)

 

21 octobre 2015

Prochain atelier à Villeneuve

Près d'un an a coulé sous le pont...

Le temps a manqué pour écrire sur cette page et pourtant ce n'est pas faute. Non, PAS FAUTE !

D'ailleurs, nous saurons tous bientôt que les fautes pleuvent, plaoutchent, se meuvent, existent et nous sauvent. Mais ceci est une autre histoire. Que vous racontera Loïc LeHoundd quand le moment sera venu. 

 

Nous vous donnons rendez-vous, Frank et moi, le dimanche 25 octobre à 14h pour les juniors, et à 16h pour les adultes, au comptoir des Associations à Villeneuve les Salines. Avenue Billaud Varenne, sous la mairie de proximité.

 

2 heures d'atelier pour les plus jeunes,

3 heures pour les plus grands

Un atelier pour jouer, dire, écrire, partager, et qui sait, mettre en musique les poèmes frais du jour.

                                     Il est fraaaiiiiis mon poème,

                                                                          il est fraaaiiiiis !

Un atelier à prix libre grâce à la générosité du Collectif des associations (qui prête ses murs), celle de la DRAC et de l'Acsé qui financent pour partie notre travail, et grâce à votre générosité à vous les écriveurs, et à votre obole régulière.

Écrivains du dimanche, à très vite !

 

 

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Un poil de plume dans un monde de bruit
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